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La ZLECAf : une opportunité à concrétiser pour les entreprises tunisiennes

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Le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX) a accueilli, dans la matinée du vendredi 12 juin 2026, une table ronde réunissant le Secrétaire général de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), M. Wamkele Mene, accompagné d’une forte délégation du Secrétariat, et des représentants du secteur privé tunisien, sous la présidence du M. le Ministre du Commerce et du Développement des Exportations, M. Samir Abid, et du M. le Ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, M. Mohamed Ali Nafti, et en présence du Secrétaire d’État auprès du Ministre des Affaires étrangères de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, M. Ben Ayed, du M. le Président-Directeur Général du CEPEX ainsi que des représentants des organisations professionnelles, notamment l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT), le Conseil d’Affaires Tuniso-Africain (TABC), la Chambre Nationale des Femmes Cheffes d’Entreprises (CNFCE), L’Association Tunisienne de l’Automobile (TAA), l’Union Tunisienne des Petites et Moyennes Industries (UTPMI) et l’Organisation Nationale des Entrepreneurs (ONE)…

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite officielle effectuée par le Secrétaire général de la ZLECAf en Tunisie du 10 au 13 juin 2026, en reconnaissance de l’expérience tunisienne dans la mise en œuvre de l’accord continental, la Tunisie figurant parmi les premiers pays signataires et parmi les premiers à avoir engagé son application.

Dans son allocution d’ouverture, le Ministre du Commerce et du Développement des Exportations a souligné que la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine constitue aujourd’hui l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde en termes de nombre de membres (pays et CERs membres). Il a estimé qu’elle représente une opportunité historique pour renforcer la résilience des économies africaines face aux perturbations extérieures, promouvoir l’industrialisation, développer le commerce intra-africain et bâtir des chaînes de valeur régionales capables de créer des emplois et de générer davantage de valeur ajoutée.

Il a par ailleurs réaffirmé l’engagement de la Tunisie en faveur de l’intégration économique africaine, soulignant que les entreprises tunisiennes ont contribué, durant plusieurs décennies, au développement économique et social de nombreux pays africains grâce à leur compétitivité et à la qualité de leurs compétences. Il a également rappelé que le secteur privé, principal moteur du commerce extérieur, joue un rôle central dans l’orientation stratégique de la Tunisie vers l’Afrique depuis son adhésion à la ZLECAf et au COMESA en 2018. Représenté au sein des différentes structures nationales chargées du suivi de la mise en œuvre de l’accord, il contribue à la construction de partenariats équilibrés fondés sur l’investissement et la production conjointe, dans une logique de bénéfices mutuels.

De son côté, le Ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, a réaffirmé l’engagement de la Tunisie à poursuivre sa contribution active à la réussite du projet d’intégration régionale africaine et à œuvrer à la levée des obstacles pratiques et procéduraux qui limitent encore l’exploitation optimale des opportunités économiques et commerciales offertes par la ZLECAf.

Pour sa part, le Secrétaire général de la ZLECAf, M. Wamkele Mene, a insisté sur l’importance du renforcement de la coopération entre le Secrétariat de l’accord et les États africains afin d’accélérer la mise en œuvre de ses dispositions et d’explorer de nouvelles opportunités de développement du commerce et de l’investissement sur le continent. Il a souligné que la Tunisie dispose d’une base industrielle développée dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie des composants automobiles et l’industrie pharmaceutique, ainsi que d’un important capital humain lui permettant de tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’intégration économique continentale.

Au cours de son échange avec les chefs d’entreprises tunisiens, M. Mene a considéré que le secteur privé constitue le pilier fondamental de la réussite de l’accord continental et de l’atteinte de ses objectifs de développement. Il a bien montré que « la ZLECAf devient commercialement signifiante, quand les entreprises s’engagent, pas seulement quand les pays signent ». Il a invité les opérateurs économiques à tirer profit des différents mécanismes et partenariats mis à disposition par la ZLECAf et à exploiter les outils numériques pour simplifier les procédures, renforcer la communication entre les acteurs économiques africains et soutenir les efforts d’intégration économique du continent.

Aprés deux jours, le S.G. de la ZLECAf a quitté la Tunisie avec trois choses, comme il l’a déclaré à la conférence de presse : Un partenariat renforcée avec le gouvernement tunisien, un plan d’action ciblé, et une conviction : « la ZLECAf n’est plus une négociation, c’est une réalité opérationnelle et la Tunisie fait partie des pays qui prouvent que cela fonctionne »

Dans son intervention, le Président-Directeur Général du CEPEX, M. Mourad Ben Hassine, a rappelé que le commerce international continue de subir les répercussions des crises économiques successives, des profondes mutations géopolitiques, de la montée des tendances protectionnistes et des pressions croissantes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Il a estimé que le coût du commerce devient de plus en plus lourd pour les économies émergentes et que les solutions doivent émerger du continent africain lui-même, à travers le renforcement du commerce intra-africain, le développement des partenariats public-privé et le rapprochement des structures de soutien au commerce.

Il a présenté les indicateurs relatifs à l’évolution des échanges commerciaux tunisiens avec l’Afrique subsaharienne. En 2025, le volume des échanges a atteint 637 millions de dollars, soit 1,25 % du commerce extérieur tunisien, contre seulement 0,8 % en 2006. Les exportations tunisiennes vers ces marchés ont atteint près de 474 millions de dollars, représentant 2,2 % des recettes globales d’exportation, avec un taux de croissance annuel moyen de 9,7 % au cours des dix dernières années.

Il a également révélé que les dernières estimations mettent en évidence un potentiel additionnel d’exportation non exploité vers les marchés d’Afrique subsaharienne, évalué à environ 518 millions de dollars. Les industries mécaniques et électriques, l’industrie agroalimentaire et le secteur chimique représentent à eux seuls 60,3 % des échanges, illustrant la diversité et la valeur ajoutée de l’offre tunisienne.

Sur le plan opérationnel, le Président-Directeur Général du CEPEX a annoncé l’organisation de la quatrième édition des Rencontres d’Affaires Tuniso-Africaines (TABM) pour le Partenariat les 9 et 10 décembre 2026 à Tunis. Il a rappelé que l’édition précédente avait réuni 100 acheteurs issus de 30 pays d’Afrique subsaharienne et permis à 80 % des entreprises tunisiennes participantes d’identifier de nouveaux partenaires et acheteurs.

Il a également présenté l’initiative « Tunisia Africa Business Meetings 2026» ciblant des secteurs porteurs tels que l’agroalimentaire, la construction, la santé et les technologies de l’information. Cette initiative prévoit près de 1 000 rencontres d’affaires ciblées entre une centaine d’entreprises tunisiennes et des acheteurs institutionnels dans dix marchés africains stratégiques, avec l’appui de programmes internationaux.

Ben Hassine a également indiqué que le CEPEX a renforcé sa présence sur le continent à travers un réseau de six représentations commerciales en Afrique subsaharienne, implantées à Abidjan, Nairobi, Douala, Abuja, Kinshasa et, plus récemment, Dakar. Ce réseau permet aux exportateurs tunisiens d’accéder à des informations actualisées sur les marchés, à des services d’accompagnement logistique et à un soutien institutionnel de proximité.

Il a par ailleurs mis en lumière une initiative de facilitation du commerce africain fondée sur les standards internationaux de digitalisation des opérations commerciales intra-africaines : le Réseau Africain de Synchronisation des Exportations (PAESN). Ce projet est actuellement mis en œuvre en collaboration avec un premier groupe d’organismes de promotion du commerce en Tunisie, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Burkina Faso, au Bénin, en Guinée, en Gambie, au Niger et en Libye, dans le but de renforcer la promotion des produits et services, de faciliter les transactions transfrontalières et les appels d’offres conformément aux standards internationaux.

Lors du débat ouvert entre le Secrétaire général de la ZLECAf et les opérateurs économiques tunisiens, plusieurs chefs d’entreprises ont souligné que, malgré son entrée en vigueur, l’accord continental continue de faire face à des défis pratiques liés à l’insuffisance des infrastructures, à la fragmentation institutionnelle et au manque de connaissance des procédures et mécanismes prévus par l’accord. Les participants ont appelé au renforcement des infrastructures nationales et régionales, à la modernisation des cadres réglementaires, à l’amélioration du climat des affaires ainsi qu’à la mise en place de financements adaptés pour soutenir les entreprises africaines et transformer les avantages théoriques de la ZLECAf en flux réels de commerce et d’investissement.

Cette table ronde a reflété une volonté commune des autorités tunisiennes, du Secrétariat de la ZLECAf et du secteur privé de traduire les opportunités offertes par l’accord continental en projets et partenariats concrets. Elle a également mis en évidence l’ambition de renforcer la présence des entreprises tunisiennes sur les marchés africains à fort potentiel, tout en contribuant à l’intégration économique du continent et à son développement durable.

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